Avec la pluie intense qui nous tombe dessus depuis deux jours, Ubud tarde à se faire apprécier. Nous guettons chaque éclaircie dans l’espoir qu’elle durera, ne serait-ce que pour aller voir la Forêt Sacrée des Singes : même si elle ne semble pas particulièrement invitante, j’ai hâte d’aller voir des animaux, Ici, nous nous servirons de Ubud pour aller au Bali Elephant Safari Park, Bali Bird and Reptile Park, voir Goa Gajah (une grotte aux éléphants), voir la ferme des papillons, le mont Agung et peut-être même la grotte aux chauve-souris, située plus près de la mer. En plus de ce programme faune et flore assez chargé, nous voulons profiter au maximum de la vie culturelle ici avec spectacles de Legong (danse), Batong (masques), Gamelan (musique) et ballet (le Ramayana).
Avant de quitter Sanur, nous avions tout de même eu envie d’aller voir la ferme de tortues marines de Turtle Island. Le programme avait l’air alléchant : transport jusqu’à Nusa Dua, ballade en bateau avec fond de verre (pour observer la vie sous-marine), une heure de plongée en apnée avant d’arriver à la ferme. Le trafic à Bali ressemblant au Pont Champlain à l’heure de pointe, ça nous a pris une heure et demie nous rendre à Nusa Dua quand ça aurait dû être 30 minutes. L’eau de la mer à cet endroit était d’un vert intense qui nous empêchait de voir quoi que ce soit à travers la vitre du bateau, même à trois pieds du bord. Je ne m’attendais donc pas à grand-chose de la plongée et je n’ai effectivement rien vu, même pas mes palmes. Mais le plus grand bonheur de cette expédition, c’est Christophe qui me l’a donné. Deux jours auparavant, je lui avais acheté un masque et un tuba et il ne les lâchait plus. Il a peaufiné sa technique dans le bain d’abord, dans la piscine ensuite et il a fallu se battre avec pour ne pas qu’il les mette pour dormir. Quand est arrivé le temps de la plongée dans la mer et que je me suis préparée, ce n’était même pas une question pour Christophe : nous avions emmené son équipement, il voulait m’accompagner. Vêtus de nos vestes de sauvetage, nous avons plongé . Au début, il sortait la tête à chaque respiration, comme s’il n’était pas certain qu’il pouvait vraiment garder la tête sous l’eau longtemps. Je lui ai donc proposé de rester sous l’eau et de compter jusqu’à dix. Je l’entendais compter, les oreilles dans la mer et là, nous avons pu explorer pour vrai. Il avait compris. Je lui ai aussi appris à lever son pouce pour me répondre que tout allait bien, à me faire un signe de poisson si jamais il en voyait un. Si vous lui demandez, il en a vu des poissons, mon Christophe pas de lunettes plongeant dans une eau verte et opaque. Je n’allais pas le décevoir pour sa première vraie plongée. Valentine a eu le courage d’essayer, mais ça ne l’intéresse visiblement pas de tout.
| Simon et Valentine en bateau |
| Christophe et moi en plongée |
La ferme des tortues est toute petite, on fait le tour en une trentaine de minutes. Les tortues grandissent protégées, nous avons même pu en toucher, mais les animaux font pitié. Les iguanes, toucans et aigles Isauf les chauves-souris, magnifiques roussettes de Bali) étaient continuellement dans les mains des guides et touristes, en train de poser. Je suis certaine qu’ils devaient attendre le coucher du soleil avec beaucoup d’impatience. Les enfants, bien sûr, n’ont rien vu de cela et n’ont conservé que le plaisir d’avoir vu de nouveaux animaux et d’avoir pu caresser un iguane et des tortues.
| Christophe et Valentine observant les tortues. |
Au cours de la visite, nous avons vu plusieurs familles de Java qui passaient quelques derniers jours de vacances à Bali avant la rentrée des classes. En observant les tortues, deux ou trois jeunes filles me regardent avec un air souriant et fier de pouvoir dire en anglais « What is your name ? » et « Where do you come from ? » pour finir avec un « May I take a picture with you ? » et là, toutes énervées et fébriles comme si j’étais Justin Bieber, je pose avec elles. Valentine s’est jointe à moi sur la photo, à leur demande. Je me suis retrouvée plongée en un instant en Syrie et j’ai revécu, pour la première fois depuis, le genre de réaction que je suscitais là-bas à tout bout de champ. La situation s’est reproduite trois ou quatre fois, dont une avec la matriarche qui se met de la partie et n’est pas moins énervée que ses filles, pendant notre visite et à chaque fois, une vague de nostalgie s’intensifiait pour la belle Syrie et son peuple, le plus marquant que j’ai rencontré jusqu’à présent par son hospitalité et sa gentillesse.
Lorsqu’on a tourné Eat, Pray, Love à Ubud, ce n’était sûrement pas en janvier. Nous profitons du mauvais temps pour aller voir des spectacles et aller au musée, mais nous aurons vite fait le tour. Le Musée Puri Lukisan, qui fait office de musées des Beaux-Arts, nous a permis d’avoir un aperçu de l’art balinais, en comprenant mieux les différents motifs, thèmes et styles utilisés. Les thèmes semblent se réduire à des représentations de la vie quotidienne, des scènes du Mahâbarâta (les accents ne sont probablement pas au bon endroit, j’y vais de mémoire) et d’autres du Ramayana. Je ne connais pas du tout le premier, mais le second, un peu grâce au surprenant film de Nina Paley, Sita Sings the Blues. Je l’ai revu dernièrement avec les enfants pour les familiariser avec la culture hindoue : c’est un film d’animation avec des couleurs vives et les personnages sont assez étonnants pour exciter l’attention d’enfants de trois ans, à l’époque. On peut le voir au complet sur YouTube (légalement, car l’auteur l’a autorisé) :
http://www.youtube.com/movie?v=1QkYOqI3jSM&ob=av1e&feature=mv_sr
Valentine, toujours dans sa phase princesse, était donc particulièrement intéressée par les images de la princesse Sita, le plus souvent en train de se faire enlever par le méchant Rayama. Comme quoi on peut apprendre n’importe où, nous avons donc pu connaître, au musée, qui était l’ami monstre de Valentine à l’hôtel de Sanur : c’est l’oiseau Garuda, qu’on a souvent vu dans les toiles venir à la rescousse des bons. Valentine crevait de fierté de voir son ami essayer de sauver la princesse Sita.
http://www.youtube.com/movie?v=1QkYOqI3jSM&ob=av1e&feature=mv_sr
Valentine, toujours dans sa phase princesse, était donc particulièrement intéressée par les images de la princesse Sita, le plus souvent en train de se faire enlever par le méchant Rayama. Comme quoi on peut apprendre n’importe où, nous avons donc pu connaître, au musée, qui était l’ami monstre de Valentine à l’hôtel de Sanur : c’est l’oiseau Garuda, qu’on a souvent vu dans les toiles venir à la rescousse des bons. Valentine crevait de fierté de voir son ami essayer de sauver la princesse Sita.
| Valentine regarde les joueurs de gamelan. |
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