Depuis que le mois de décembre a commencé, je me sens fébrile : les enfants viennent d’avoir quatre ans, l’ambiance des Fêtes me rattrape et bien sûr, la perspective du voyage qui s’en vient. On dirait que je n’arrive pas à y croire : on part vraiment et c’est mon projet, ce voyage. À seulement deux semaines du départ, j’ai ce sentiment que ce ne sera pas un voyage ordinaire, qu’il y aura un avant et un après Bali. Ce ne sont pas tous mes voyages qui deviennent des pierres marquantes et on ne le sait jamais vraiment avant, mais celui-ci, j’ai cette impression. Je l’ai eu avant de partir en Turquie, je savais qu’à la fin de mon baccalauréat en histoire et de ma vie en appartement à Québec, je venais de terminer quelque chose qui ne reviendrait plus jamais. Le voyage en Turquie et la vie à Londres ont clairement fait cette coupure, j’en suis revenue transformée pour toutes sortes de raisons. En préparant mon voyage de deux mois d’Istanbul au Caire, je sentais que j’allais vivre quelque chose d’inhabituel parce que je partais seule dans des pays où personne de ma connaissance n’était jamais allé, des pays réputés dangereux (ce qui n’était pas du tout le cas soit dit en passant). Ce voyage-là a été déterminant pour moi et n’est certainement pas étranger à l’amour que je porte depuis pour le monde musulman et arabe. D’ailleurs, une fois à Bali, je veux aller aux îles Gili entre autres pour avoir le bonheur d’entendre l’appel à la prière.
Il y a aussi cette idée que cela m’enchante de partir vers l’Ouest. Comme si j’allais découvrir un nouveau territoire juste parce que je ne m’envole pas dans le même sens que d’habitude, parce que je vais traverser le Pacifique. Je ne pense pas l’avoir ressenti en allant en Argentine, peut-être parce que je suis souvent allée en Amérique centrale et donc qu’il ne s’agissait que d’aller un peu plus au Sud. L’Ouest. Ça me semble vraiment être le bout du monde. Je vais à l’autre bout du monde, là où le jour est la nuit et vice-versa. Dans un monde complètement différent du mien. Même si Bali reste très touristique, je vais quand même dans un pays où vivent des peuples qui ne connaissent à peu près rien de la modernité. C’est tout de même incroyable. Ça aussi, ça ajoute à l’idée de bout du monde.
Et, au final, comme disait Henry Miller : « One’s destination is never a place rather than a new way of looking at things. » C’est beaucoup pour cela que je ressens ponctuellement le besoin de sortir du Québec.
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